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SAMEDI 2 JANVIER

ASCENSEUR POUR UN FILM !

Pendant que l’on était dans la cave à VIDEO, on a ouvert des boîtes et des boîtes…

Rassurez-vous… Pas l’ombre d’un dégât car, avec le numérique, il n’y a plus de risque de voir le support divorcer de ses couches magnétiques tragédie irréversible qu’un certain nombre de documentalistes a vécu avec douleur.

Le document que nous vous avons sorti et qui a été fort peu vu, nous fait « vivre » l’enregistrement de la musique de Louis MALLE, « ASCENSEUR POUR L’ÉCHAFAUD ».

Ce film et sa musique, c’est toute une histoire. Elle se déroule en 1957…

Louis MALLE a 25 ans quand il entreprend de transposer à l’écran le roman policier de Noël CALEF, auteur d’une vingtaine de romans policiers et malgré tout fort peu connu. Disciple de Robert BRESSON et du Commandant Cousteau (mais là, ça n’a rien à voir!), Louis MALLE construisit son récit d’une façon très nouvelle, superposant trois thèmes. Le récit est elliptique autant dans les mots que pour le visuel, laissant dès lors à l’imagination du spectateur un vaste espace à remplir (on ne saurait dire colorier, encore que, à partir du noir et blanc…) ce qui nourrit l’émotion et l’empathie pour les personnages. Tout le monde comprenait que l’ambiance sonore était primordiale.

Miles DAVIS est alors à l’apogée de sa carrière. Une belle série de concerts en France lui  ont été organisés. Ils se joueront  tous à guichets fermés. Lorsque Miles débarque de l’avion, le producteur du film se précipite pour lui parler du travail de Louis MALLE en voie d’achèvement et lui proposer d’en faire la musique. Miles hésite, évidemment. Une rencontre avec Louis Malle et une projection privée le décide. Le 4 Septembre 1957, il s’enferme avec ses quatre musiciens, Barney WILLEN au saxophone ténor, René UTREGER au piano, Pierre MICHELOT à la contrebasse, Kenny CLARKE à la batterie dans le studio du Poste Parisien, en haut des Champs Elysées. Le quintette improvise durant trois heures sur des séquences projetées. Cinquante minutes furent enregistrées, dix huit seront utilisées pour le film, dont le long feulement de la trompette de Miles qui est la marque sonore du film et qui contribuera sans aucun doute à son succès phénoménal…

Pour son émission CINÉPANORMA, François CHALAIS reconstitue quelque temps après, avec la complicité du producteur qui décidément a joué un rôle décisif, la nuit du 4 Septembre… Grâce à cette petite « escroquerie médiatique », nous pouvons voir Miles DAVIS puis Louis MALLE interviewé par François CHALAIS…

Étonnant, NON ?

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